La richesse du patrimoine religieux de la CC4V s’attache principalement aux éléments d’architecture provenant de l’époque romane, aux fresques et aux vitraux qui les ornent. Notre région possède un très riche patrimoine verrier réalisé par différents ateliers des XVIe, XIXe et XXe siècles. Si l’aspect général de certains édifices a changé au cours du temps, la plupart sont ceux que nos ancêtres ont connus, dans lesquels ils furent baptisés et où ils se sont mariés. Leurs journées de labeur étaient rythmées par la cloche qui sonnait l’angélus marquant ainsi le début et la fin des travaux dans les champs. Nos églises de village conservent en elles la mémoire de nos aïeux, celles qu’ils nous ont transmise et, surtout, celle que nous devons transmettre intacte à nos descendants.

Les églises à caquetoire dites-vous ?

De nombreuses églises rurales du Gâtinais ont conservé leur porche, appelé localement un caquetoire. Ces anciennes petites galeries ou auvents servaient à se retrouver après les cérémonies religieuses pour parler, bavarder, “caqueter”. On prenait régulièrement nouvelles de ses amis, voisins, de sa famille et des nouvelles des villages alentours.

L’église St Jean-Baptiste de Chevry Sous Le Bignon

 

 

 

 

 

 

 

 

A Chevry-sous-le-Bignon, joli village à l’environnement préservé, se situe l’une des rares églises romanes de la région (XIIe siècle). Curieusement construite au cœur de la vallée, cette église conserve d’intéressants vestiges de sa splendeur passée : un caquetoire du XIIe siècle, une grille de chœur en bois sculpté (fin XVème siècle) et d’importantes peintures murales (XIVème, XVème siècle)Cette église romane du XIIe siècle (peut-être antérieure : portail de style roman primitif) est remarquable surtout par sa situation au bord de la rivière et par les peintures murales qui ornent ses murs. L’édifice de forme rectangulaire se compose d’une nef, d’un collatéral nord, d’un chœur dont l’entrée est marqué par un arc triomphal en plein cintre et une abside polygonale. Autrefois, la nef centrale était doublée d’un bas côté unique, du côté nord. A l’heure actuelle, ce bas-côté n’existe plus que sur une partie de la longueur de la nef (chœur et « transept »). Le reste a été détruit. Les ravages de la Guerre de Cent Ans ont pu être cause de cette destruction. Au XVe siècle, le mur nord a été reconstruit, comme en témoignent les peintures murales. L’abside romane est percée de trois fenêtres : la fenêtre centrale a été percée en 1788.

Le chœur est séparé de la nef par une clôture en bois sculpté (fin XVIème, restauré en 1992 par les élèves du lycée professionnel de Châlette-sur-Loing ), surmontée d’une statue de Christ en bois peint (XVIème siècle, restaurée en 1988). On peut voir dans la nef une statue de Sainte Véronique (XVIIème), une bannière et une croix processionnelle en métal argenté (XVIIIème siècle), des dalles funéraires ; beaux fonds baptismaux en pierre. L’autel en pierre a été placé dans les années cinquante. Les vitraux sont l’œuvre du maître-verrier René PETIT.

En entrant, le regard est attiré par une grille de chœur du XVIIe siècle. Après la décision prise faisant obstacle à la vision sur l’officiant, lors des conclusions du concil de Trente en 1563, très rare sont ceux qui subsistèrent et qui, relégués dans les combles en pièces détachées, parvinrent jusqu’à nous. Cette grille surmontée par une poutre de gloire sur laquelle est fixé un grand Christ en croix dans un style du XIIe siècle, fut magnifiquement restaurée par les élèves du Lycée professionnel de Chalette-sur-Loing en 1992. L’église fut classée à l’inventaire des monuments historiques le 5 mai 1950.

Des peintures murales exceptionnelles

Comme dans beaucoup de petites églises rurales, les murs intérieurs étaient décorés de peintures murales et de deux litres encore partiellement visibles aujourd’hui. Quelques unes, les plus anciennes, datent du XIVe siècle et la plus grande partie des autres du XVe siècle. Ces peintures murales ornent les murs de la nef sur toute leur longueur – et des sondages ont révélé que des restes de peintures se trouvaient aussi sur l’arc triomphal et dans le chœur.

Dans la partie restaurée, ces peintures représentent des sujets religieux :

Fresque de Saint-Hubert

La scène est très réaliste, au moment où le futur saint, grand chasseur, est sur le point de tuer un cerf que ses chiens s’apprêtent à dévorer, une croix apparaît entre les bois de l’animal. Emerveillé, Hubert épousa alors la foi catholique. C ‘est ainsi que les chasseurs le prirent pour Saint Patron. Jusqu’au XIIe siècle, cette légende était celle de Saint-Eustache, prénom passé de mode. On la transféra alors à Saint-Hubert qui au VIIIe siècle fut évêque de Liège et qui n’avait pas de belle légende. Dans les Ardennes, les moines de Saint Hubert élevaient des chiens de chasse, ce qui fit une autre raison de faire d’Hubert le saint patron des chasseurs.

 

Fresque de Saint-Christophe

Ce bon saint était un géant désireux de se mettre au service du roi le plus puissant de la terre. Après plusieurs aventures, un ermite lui conseilla de se  faire passeur de rivière. Alors qu’il portait un enfant sur les épaules pour le déposer sur la rive opposée, il reconnut l’enfant Jésus. Plus tard, il mourut martyr. Pour avoir refusé de scarifier aux idoles, il fut condamné par le roi à être transpercé de flèches. Toutes restèrent suspendues dans l’air avant  de la toucher, sauf une qui se retourna et se planta dans l’œil du roi qui alors, ordonna de la décapiter. Le sang du martyr, mêlé à de la terre guérit immédiatement le roi, alors, nous dit l’auteur du récit : “le roi cru”. L’histoire de Saint-Christophe est très populaire, ses représentations nombreuses. Au XIIIe siècle, Jacques de Voragine en a raconté les divers épisodes dans la Légende Dorée. Nous pouvons en voir les plus célèbres sur un vitrail de la basilique proche de Ferrières-en-Gâtinais.

Fresque de Saint-Martin

Nous savons, par une bulle de 1152, que l’église était placée sous le vocable de Saint Martin, l’un des plus importants évangélisateurs des Gaulles. Plus tard elle le sera sera sous celui du saint Andoche avant de l’être sous celui de saint Jean-Baptiste. Nous voyons le saint avec son épée coupant son manteau en deux parties égales pour en donner une au mendiant. Soldat romain, il ne possédait que la moitié de son équipement, l’autre moitié était la propriété de Rome, il ne pouvait donc donner que ce qui lui appartenait. Saint Martin est très populaire, innombrables sont les villages et les lieux-dits éponymes.

 

  • Personnages de Saints (St Christophe, St Valérien et St Martin)
  • Scènes d’inspirations religieuses
  • Images « profanes » peut-être inspirées de l’environnement proche. Un moulin à vent, comme aux murs du donjon de Villemandeur.
  • On y distingue aussi, deux litres funéraires aux très belles armoiries. Ce sont celles d’Antoine Philibert, marquis de Torcy et de Marie-Françoise Elisabeth de l’Hôpital, son épouse, morte en 1694.

Vitrail du Sacré-Cœur

La fenêtre située dans l’axe du chœur est ornée en son centre d’un grand médaillon représentant le Christ tel qu’il apparut le 25 juin 1675 à Marguerite-Marie Alacoque. (Elle fut canonisée en 1920, 3 jours avant Jeanne D’Arc). Il lui montra son cœur enflammé en lui disant : “voilà le cœur qui a tant aimé les hommes”. Elle était si populaire en France, à la fin du XIXe siècle, que de nombreux pèlerinages étaient organisés au tombeau de Marguerite-Marie à Paray-le-Monial.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des visites guidées sont possibles. Pour ce faire, s’adresser à :

  • M. Delouis, 1 rue de l’église à Chevry Sous Le Bignon (02 38 90 95 07)
  • Mme Tomassone, au n°8 de la même rue (06 80 71 85 19)

 

L’église de Girolles

Eglise du XIIème, restaurée. Son porche caquetoire (classé) abrite un portail surmonté d’un exceptionnel tympan sculpté représentant l’agneau mystique. Inspirée de l’Apocalypse de St Jean, la scène dont tous les symboles s’expliquent, évoque la disparition de l’ordre ancien et l’avènement d’un ciel nouveau.

C’est le seul tympan de l’époque romane existant actuellement en Gâtinais Orléanais.

L’église de Griselles

Même si l’origine du mot “Griselles” n’est pas totalement confirmée, le village tire vraisemblablement son nom de la très ancienne présence d’une petite église. “Petite église” a donné “Egliselle”, mot qui au fil des siècles s’est transformé en ”Griselles ”.

De l’église primitive, il ne reste aujourd’hui que trois baies romanes murées dans l’ancien presbytère.
Le village de Griselles était sous la dépendance de l’Abbaye de Ferrières pendant le Moyen Age.

La construction de l’église actuelle fut commencée au XIIème siècle. Elle est de forme rectangulaire avec un chevet droit et un clocher. Sa charpente est terminée par une flèche ornée de quatre clochetons.

Les marches du porche n’existent que depuis 1806. Auparavant, on entrait de plain pied dans l’église. Le porche, quant à lui, est de plein cintre.

 

L’église de Préfontaines

La particularité de cette église tient à son caquetoire, caractéristique des églises du Gâtinais. C’est un porche roman du XIIème siècle (classé).

A voir aussi à Préfontaines : l’ancien lavoir alimenté par les fontaines St Jean et Ste Elisabeth. On attribuait jadis à ces eaux des vertus guérisseuses pour les maux d’yeux.

L’église Notre-Dame, Saint-Blaise et Saint-Pierre de Rozoy-le-Vieil

 

 

 

 

 

 

 

 

L’église de Rozoy-Le-Vieil est consacrée à Saint-Blaise et à Notre-Dame en 1546. Elle a un porche datant du premier quart du XIIème siècle et un caquetoire typique.
Selon Jean Gigniers, Jésuite du XVIe siècle, une jeune fille, Elisabeth de Crespy, désirant vivre dans la solitude afin de se consacrer entièrement à Dieu, s’installa dans le creux d’un chêne, au milieu d’un marais. C’est là qu’elle reçut le nom de Rose. Les habitants de la région, touchés par sa sainteté, lui bâtirent un petit monastère dont elle fut prieure jusqu’à sa mort survenue le 13 décembre 1130. Des manuscrits des XIe et XIIe siècle confirment en grande partie cette histoire. Une fontaine proche du prieuré détruit par les Anglais en 1428, porte le nom de Sainte-Rose. Son eau était réputée pour guérir l’eczéma. La petite église du XIIe siècle, ruinée par les guerres, fut rebâtie au XVIe siècle. Quelques éléments plus anciens furent incorporés. L’accès se fait par un porche de 5 arcades en arc brisé, portées par des colonnes octogonales surmontées d’élégants chapiteaux.

Le portail d’entrée, du XIIe siècle, est un réemploi provenant de l’ancienne église. L’archivolte en plein cintre est composée de 3 voussures dont une est ornée d’un tore se prolongeant sur le piédroit de la porte. Elles sont inscrites sous un cordon décoré de motifs en étoile et réalisés en relief. Elles reposent sur des chapiteaux aux décors variés et assez maladroits, ce qui en fait le charme. Les vitraux, réalisés en 1986 et 1988 sont l’œuvre de lionel Régnier, maître verrier parisien, en concertation avec le desservant de l’église, l’abbé Pivoteau.

Vitrail de Moïse

Côté nord, là où souvent se trouvent le plus souvent les scènes et les personnages de l’Ancien Testament, nous voyons Moïse dans sa corbeille d’osier. Il vient d’être découvert par la fille de Pharaon.

Vitrail de Sainte-Rose

Ce vitrail aux couleurs très vives, dans lesquelles le rouge domine, représente Sainte-Rose à l’intérieur du tronc de l’arbre où elle vécut. Il est possible que son nom soit à l’origine de celui du village.

Vitrail du bon semeur

Ce vitrail, dans lequel la couleur jaune domine, illustre la parabole du bon semeur. La parole de Dieu est comme la semence : sur le bord du chemin elle est mangée par les oiseaux, dans les pierres, elle germe puis elle est brûlée par le soleil, mais dans la bonne terre elle donne des fruits. Sainte-Rose par sa vie d’ascète, est celle qui a reçu ces fruits, symbole de la parole divine. Au sommet du vitrail, la première et la dernière lettre de l’alphabet Grec symbolise l’éternité du Christ.

 

 

Vitrail de l’ange jouant de la harpe

Ce petit vitrail est situé sur le pignon ouest de l’église, dans une ouverture en forme de croix. Les trois derniers vitraux côté sud sont consacrés à la vie de la Vierge. Nous voyons successivement marie aux noces de Cana, puis menant Jésus au Temple et au pied de la croix. Le bleu domine dans chacun de ses vitraux : c ‘est la couleur la plus utilisée au Moyen âge pour les vêtements de la Vierge ; elle était la plus chère et la plus rare, donc la plus belle, réservée à Marie, la plus pure et la plus parfaite des femmes.

Vitrail des noces de Cana

Mon heure n’est pas encore venue“. (Jean 2,1).

Marie et son fils étaient invités à une noce. A la fin du repas le vin vint à manquer. A la demande de sa mère, jésus fit remplir d’eau six vases de pierre, puis il ordonna de faire servir la boissons au maître du repas. Après avoir goûté, il constata que c’était le meilleur vin servi au banquet. C’est le premier miracle du Christ.  “…il en manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui” (Jean 2,11)

 

Vitrail de Marie et son fils se rendant au temple

Cette scène a très rarement inspiré les artistes. Elle se situe un peu avant la présentation de jésus au Temple pour la cérémonie de la Purification et la rencontre avec Syméon. “….car mes yeux ont vu le salut…” (Luc 2,30)

 

Vitrail de Marie près de la croix

“Tout est achevé” (Jean 19,30)

Pour rendre la solitude et la douleur de Marie plus poignante, l’artiste a volontairement omis les personnages de Jean et de Marie-Madeleine présents au pied de la croix.

 

 

 

 

A côté de l’église vous pouvez apercevoir un pressoir du XIXème siècle témoigne de l’époque où nos villages produisaient leur poirée, leur cidre et leur vin.

L’église de Bignon-Mirabeau

C ‘est dans cette église reconstruite en grande partie au XVIe siècle que fut baptisé le 9 mars 1749 Gabriel Honoré de Riqueti comte de Mirabeau. Comme beaucoup d’églises des alentours, elle est constituée d’une simple nef à voûte en berceau. A voir dans l’église, la statue du gisant de Louis de Melun, seigneur du Bignon au XVIe siècle – XVIIe siècle. Mais également, la caquetoire extérieur ainsi que plusieurs retables. Le porche en maçonnerie fut ajouté au XIXe siècle. Le village s’appelait alors “Le Bignon”. Afin d’honorer son plus illustre fils, le conseil municipal décida en 1889 d’y adjoindre le patronyme de Mirabeau.

Dans le mur gouttereau nord s’ouvre une fenêtre ornée d’un vitrail du XVIe siècle, c’est le plus ancien de la région (Ferrières-en-Gâtinais excepté)Eglise du Bignon Mirabeau

Vitrail de Saint-Louis

Nous voyons un personnage debout, de face, tenant dans sa main gauche le sceptre du dépositaire du pouvoir royal. Autour de son cou, il porte un col de fourrure d’hermine. Il s’agit de Saint-Louis mort en 1270 à Tunis et canonisé 27 années plus tard, en 1297. Nous sommes renseignés sur l’identité du donateur grâce à une inscription sur laquelle nous lisons sur 4 lignes : LOUIS DUPRE – MARCHA (ND) DEM(EURANT) – AU BIGNON A FAIC(T) – FAIRE CETTE VER(RIERE)

 

 

 

 

L’église de Treilles

Dans ce petit bourg à vocation agricole, se trouve l’église St Pierre, inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques. Le chœur et le clocher datent du XIIIème.
La nef est du XVIe siècle.