Une ville et un lieu de pèlerinage important…

Il y a près de 2000 ans, certainement au cours du Ier siècle après J.-C., fut construite la ville d’eau d’Aquis Segeste / Aquae Segetae, autour d’une source sacrée dédiée à la déesse guérisseuse gallo-romaine Segeta.

Plus connue pour ses vertus liées à la fertilité, les pèlerins venaient de tous horizons pour déposer des offrandes, afin de bénéficier d’une guérison ou de remercier la déesse pour la réalisation d’un vœu.

Le site doit son nom à la découverte d’un ex-voto en marbre, qui devait être fixé sur le mur du bassin cultuel, seule mention épigraphique trouvée à ce jour in situ :

  • Inscription : « Aug(ustae) deae Segetae T(itus) Marius Priscinus v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito) efficiendum curav(i)t Maria Sacra fil(ia). »
  • Traduction : « À l’auguste déesse Segeta, T. Marius Priscinus s’est acquitté de son vœu de bonne grâce : Maria Sacra, sa fille, a pris soin de le réaliser. »

Le matériel archéologique mis au jour sur le site montre que l’occupation de ce dernier est antérieure à l’arrivée des Romains. Par contre, ce n’est qu’après leur venue qu’il connaît un réel développement, notamment au IIe siècle après J.-C.

Un site archéologique qui n’a pas encore livré tous ses secrets…

Le site Aquae Segetae est une des rares agglomérations antiques dotées d’un sanctuaire des eaux et protégé du fait de son enfouissement après son abandon.

Conservés à travers les siècles, grâce à un environnement rural dénué d’urbanisation, les vestiges aujourd’hui visibles sur place correspondent à la partie sud du sanctuaire et représentent seulement 4% du potentiel archéologique total de la ville.

Aquae Segetae était l’une des 52 villes d’eau que comptait l’Empire romain et s’établit non loin du chemin de César, qui reliait Sens à Orléans. Elle se déployait à l’époque sur près de 25 hectares et comprenait un sanctuaire avec son nymphée (bassin cultuel), qui recueillait les eaux de la source sacrée, des thermes, un théâtre, un îlot urbain et très certainement des ateliers d’artisans.

Un important projet pour les années à venir…

Une infime partie du potentiel de ce site d’intérêt majeur est donc aujourd’hui accessible, visible et compréhensible par le public. Le projet de construction du Musée Segeta a pour objectif de révéler l’ampleur de cette ancienne ville d’eau et d’en faire un lieu de référence pour l’époque gallo-romaine. Une partie des collections découvertes lors des anciennes fouilles sera réunie et valorisée sur place.

D’ici quelques années, le musée verra le jour grâce à la détermination des élus de la Communauté de Communes des Quatre Vallées (CC4V), à l’initiative du musée Girodet de Montargis, avec le soutien scientifique et technique de la DRAC Centre-Val-de-Loire et du Conseil départemental du Loiret, ainsi que l’investissement de l’association Segeta.

Le musée réunira, dans une exposition permanente et sous la forme d’expositions temporaires, une partie des collections découvertes in situ et mettra à disposition du public des dispositifs et supports de médiation pour retracer l’histoire de ce lieu de mémoire. La valorisation paysagère et les cheminements extérieurs permettront au visiteur de se promener, de découvrir les vestiges archéologiques et de comprendre l’organisation du site.

Une proposition architecturale du futur musée a été pensée par l’agence d’architectes Berranger|Vincent, mariant béton et bois. Cette alliance de matériaux vise à conférer au bâtiment une allure simple et épurée, afin qu’il puisse s’intégrer dans le paysage et la topographie naturelle du site.

D’ici l’ouverture au public du futur Musée Segeta, des visites guidées du site archéologique, des ateliers et différents évènements sont proposés ou en cours de préparation.

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Site archéologique d’Aquae Segetae, lieu-dit Le Préau, Hameau de La rivière, 45 490 Sceaux-du-Gâtinais